Victoire, tu règneras…

Victoire, tu règneras…

Le Vendredi Saint, nous nous sommes réunis autour de la croix. Cette croix que nous rencontrons à la croisée des chemins ne nous dit peut-être plus rien tellement nous avons pris l’habitude de la voir. Nous pensons aussi à celle qui pend sur le mur de notre cuisine ou de notre chambre. Pour d’autres encore, c’est celle en or ou en argent que l’on porte comme un objet de valeur.

Puis il y a aussi la croix qui ne se matérialise pas et qui marque parfois douloureusement notre existence quand elle s’appelle longue maladie, souffrance physique ou morale, surtout en cette période de pandémie. Beaucoup sont submergés par l’inquiétude et perdent confiance en eux-mêmes. Ils se croient abandonnés de Dieu. Les angoisses de la nuit sont encore plus douloureuses.

Mais tout l’évangile nous dit que Jésus a voulu être avec nous dans nos souffrances et notre mort pour que nous soyons avec lui dans sa Vie. Un jour, il a dit : « Prenez sur vous mon joug… » Le joug c’est ce qui permettait à une paire de bœufs de tirer des fardeaux très lourds. Cela n’était possible que s’ils étaient reliés l’un à l’autre. Si Jésus nous propose de prendre son joug, c’est parce qu’il veut porter notre fardeau avec nous. Pour cela, il nous demande d’être reliés à lui. C’est cela le joug qu’il nous demande de prendre sur nous.

Le Vendredi Saint, nous nous sommes tournés vers la croix du Christ. En lisant le récit de la Passion, nous avons évoqué la première de toutes les croix, celle que le Seigneur a portée sur ses épaules, celle où il a été cloué, celle où il a prié le Père pour chacun de nous, celle où il a fini par mourir en se donnant pour tous et chacun.

Or voilà qu’au matin de Pâques, une joyeuse nouvelle retentit dans le monde ; elle sera proclamée par l’apôtre Pierre au jour de la Pentecôte : « Celui que vous avez crucifié, Dieu l’a ressuscité d’entre les morts. » Plus tard, saint Paul dira : « Il vit par la puissance de Dieu. » Ils diront aussi qu’ils ont vécu des expériences mystérieuses avec lui : Ce sont les récits des apparitions : « Nous l’avons vu… Nous avons mangé et bu avec lui. Les uns et les autres emploient des mots différents ; mais ils partent tous de la même conviction : « Jésus est vivant. »

Depuis que Jésus est ressuscité, des multitudes d’hommes vont vivre et mourir en suivant le Christ, dans l’espérance d’être déjà ressuscités avec lui. La mort reste une épreuve terrible pour nous comme elle l’a été pour Jésus. Mais elle n’a pas le dernier mot ; elle est devenue un « passage » à cause de Jésus qui est le « passeur d’hommes ». C’est par lui que nous passons pour aller au Père et rien ne peut nous séparer de son amour.

Nous aussi, nous pouvons être porteurs de vie. Nous sommes tous envoyés auprès de ceux qui luttent contre la souffrance et le désespoir pour leur redonner le goût de vivre. Notre attention, notre amitié ne doit pas oublier ceux et celles que la vie écrase. Un accueil, un pardon donné, une main tendue pour remettre debout, peuvent opérer un miracle de «renaissance. » Et, à travers tout cela, une parole qui témoigne de notre foi, est une invitation à rencontrer le Christ ressuscité. Oui, vivons comme des ressuscités. L’Eucharistie que nous célébrons chaque dimanche nous y invite.

Les Rameaux, la Passion et l’Amour

Au début de la Semaine Sainte, l’Évangile nous rappelle l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Il sait que la conséquence de son amour pour les hommes sera la mise à mort. Cette Semaine ne doit pas être vécue uniquement dans la mémoire des épreuves et des souffrances. Elle est surtout celle de l’amour.

Dans ses derniers jours, Jésus nous prouve continuellement son amour pour nous :
• Le dernier repas où il se donne sous une forme qu’il nous a donné de pouvoir renouveler
• Le lavement des pieds, où il se fait serviteur.
• La nuit au jardin des Oliviers, où il accepte le pire pour nous pardonner et nous donner la Vie éternelle
• Son regard plein d’amour, avec lequel il pardonne à Pierre puis au bon larron

Oui, tout est amour, service, don de soi et pardon ; sa croix est le sommet de l’amour qui donne sa vie pour ceux qu’il aime

Entrons dans cette Semaine Sainte en contemplant l’amour de Jésus.
Source : Carême à domicile (2021)

Dieu « pardonneur »

Au jour de notre baptême, nous avons été plongés dans cet océan d’amour qui est en Dieu Père Fils et Saint Esprit. le nouveau baptisé découvre qu’il es l’enfant bien-aimé du Père. Dieu n’en finit pas de nous donner son amour. Entre Dieu et nous, c’est une histoire d’amour qui ne finira pas. Pour lui, nous sommes uniques. il tient à chacun de nous comme à son bien le plus précieux. Être baptisé, c’est accepter d’être aimé par Dieu Père, sauvé par Jésus Christ et animé par l’Esprit de Vie et de joie. Être baptisé c’est répondre oui à l’amour dont Dieu nous aime.

Malheureusement, il nous arrive de nous détourner de ce Dieu Amour. Nous choisissons la pacotille plutôt que le seul vrai trésor. Mais notre Dieu ne se résigne pas à nos « ruptures d’alliance ». Il ne cesse « de nous appeler à une vie plus belle ». Il nous offre de revenir vers lui. Même si nous avons gravement péché son amour nous est sans cesse offert.

Notre Dieu est le « pardonneur ». Voilà un mot que nous pouvons chercher dans nos dictionnaires ; nous ne le trouverons pas. « C’est vraiment un manque impardonnable. » Mais notre Dieu est plus grand que nos mots humains. On peut donc inventer un mot qui ne serve qu’à lui . Il est « le » pardonneur. Pour s’en rendre compte, il suffit de lire la Bible. Chaque fois qu’ils se sont détournés de lui et ont défiguré son alliance, il leur a offert une vie renouvelée.

Le Sacrement du pardon : Ce sacrement ne va pas effacer les actes que nous avons commis. Il est destiné à « enlever » les chaines qui nous emprisonnent, enlever le fardeau qui nous accable. Notre Dieu est un Dieu libérateur.

Pourquoi s’adresser à un prêtre ? Ce serait tellement plus facile de s’adresser directement à Dieu. En fait, c’est le Christ qui a envoyé ses apôtres avec une mission bien précise : « Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez… » Le prêtre auquel on s’adresse représente la communauté des chrétiens qui accueille. S’adresser à un prêtre, c’est se reconnaître membre de cette Église blessée par notre contre témoignage. Ce pardon que l’Église nous offre ne vient pas d’elle mais du Christ qui en est la Source. Quand nous recevons ce sacrement, c’est Jésus qui est là pour nous relever. Comme il l’a fait pour la femme de Samarie, il continue de nous proposer l’eau vive, celle de l’Amour qui est en Dieu. Il nous offre de puiser à cette Source intarissable.

Le Carême

Avec un groupe d’enfants…

Un jour, dans un groupe d’enfants, je demandais s’ils savaient ce qu’est le Carême. Ce fut un grand silence… Puis au bout d’un moment, il y en a un qui a dit : « Moi je sais, on ne mange pas de viande… » Et un autre ajoute : « On ne mange pas de bonbons. » Ce à qui j’ai répondu : « J’aimerais bien voir ça. »

Alors, je leur ai proposé une histoire : « Vous avez entendu parler de la chèvre de M. Seguin ; vous allez me la raconter. » Et ils ont raconté cette histoire de Blanchette qui est partie de chez son maître parce qu’elle avait envie de liberté. Et elle s’est retrouvée toute seule dans la montagne.
– « Et qu’a fait le maître quand il a vu que Blanchette était partie dans la montagne ? »
– Il l’a cherchée et il lui a dit : « Reviens. »
– Le Carême c’est exactement ça : C’est Dieu qui nous cherche et qui nous dit : « Reviens ! « 
– Oui mais Blanchette n’est pas revenue…
– C’est vrai et et c’est souvent ce qui nous arrive. Mais quand nous sommes loin de lui, le Seigneur ne cesse jamais de nous appeler. Il n’arrête pas de courir après nous.

Comment allons-nous nous y prendre pour revenir vers Dieu ? Pendant ces quarante jours, plusieurs choses nous sont proposées :

D’abord revenir à la Parole de Dieu. Nous découvrirons des textes d’évangile, les tentations de Jésus au désert, la Transfiguration… Le Carême est là pour nous rappeler que « l’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ».

Ce qui est le plus important, c’est ce que chacun va faire chaque jour pour montrer qu’il veut revenir vers Dieu :
– Ne pas laisser passer une journée sans un temps de prière…
– Répondre à l’invitation de Jésus le dimanche…
– Apprendre à partager, à donner de la joie aux autres…
– C’est chaque jour que Jésus nous dit : « Reviens. »

« C’est le temps passé avec la rose qui fait que la rose est importante » (Saint-Exupéry)
Pendant ce Carême, ces quarante jours qui me préparent à Pâques, je veux passer du temps pour toi Seigneur.
« Tu es très important pour moi… »

Changer notre regard

Quand nous lisons les Évangiles, nous découvrons Jésus qui accueille les pécheurs et tous les infréquentables. Il va jusqu’à prendre ses repas avec eux. Tous les publicains et les gens de mauvaise vie s’approchent de lui pour l’entendre. Il n’hésite pas à établir une relation profonde et amicale avec les pêcheurs en mangeant chez eux ou avec eux. En chacun, il ne voit pas d’abord le péché mais la sainteté à laquelle il est appelé. Son regard nous dit tout l’amour qu’il porte sur eux.

Qu’en est-il du regard que nous portons sur les autres ? Les réseaux (pas très) sociaux font souvent état d’accusations et de dénonciations méprisantes. On oublie seulement une chose : La mesure dont nous nous servons pour les autres servira aussi pour nous. Qui sommes-nous pour juger et condamner ?

Il est vrai que nous sommes témoins de situations lamentables : Toutes ces violences, ces injustices, ces scandales… cela n’est pas acceptable. Le mal doit être combattu. Mais quand nous lisons les Évangiles, nous découvrons que Jésus a dénoncé le péché mais il n’a pas rejeté les pécheurs ; il les a accueillis. Lui-même nous dit qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus.

Aux noces de Cana, on n’avait pas prévu assez de vin. Ce vin qui manque en évoque d’autres, bien plus graves. Marie voit tout cela, et elle le dit à Jésus : « Ils n’ont plus d’amour ; ils n’ont plus de joie ; ils n’ont plus de paix ; tous ces gens victimes de la haine, de la violence et de l’indifférence, ce n’est plus possible. Ils sont nombreux ceux et celles qui vivent des situations douloureuses.

Aujourd’hui comme autrefois, elle continue à nous dire : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Nous devons alors réentendre la recommandation de Jésus : « Puisez… » Puisez à la Source de l’amour qui est en Dieu et servez… L’Évangile nous parle de six jarres d’environ cent litres chacune. C’est que Dieu voit grand ; il ne compte pas. Cette abondance de vin signifie la profusion de grâce. Ces noces célèbrent l’alliance de Dieu avec les hommes. C’est une joie généreuse, débordante et inépuisable. C’est cela l’amour de Dieu.

Le temps « ordinaire »

Vous rappelez-vous de l’époque où les voitures roulaient à l’essence ordinaire ou au super ? Un jour, au moment de faire le plein, j’ai lu une petite affichette qui indiquait : « Chez nous, l’ordinaire sort de l’ordinaire ». C’était une manière de souligner la haute qualité du produit en question. Qu’en est-il de notre vie chrétienne ?

Depuis le 10 janvier, nous voici entrés dans cette période liturgique dite du « temps ordinaire ». Nous venons de vivre celle des fêtes, Noël, le 1er janvier, l’Épiphanie, le baptême du Seigneur… Nous avons vu comment le Christ a été manifesté aux bergers, aux mages, aux pécheurs. Nous avons mieux compris que le venue du Sauveur est pour tous, les pauvres, les étrangers, les exclus de tous les temps. C’est à tous que la bonne nouvelle de l’évangile doit être annoncée.

Tout au long de cette période du temps ordinaire, nous serons invités à marcher en « conduite accompagnée » à la suite du Christ. Quelle que soit notre situation, nous pouvons toujours compter sur lui. Son amour nous est acquit d’une manière définitive. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. Personne ne va au Père sans passer par lui.

Au plan liturgique, nous serons amenés à vivre des temps forts qui « sortiront de l’ordinaire. » Nous pensons bien sûr à toutes les solennités, les fêtes de Marie, celles des grands saints, mais aussi les « dimanches autrement » ; certains feront peut-être une retraite, un pèlerinage. Nous avons tous besoin de ces temps forts pour nous remettre sur le chemin du Christ.

C’est tous les jours de notre vie que nous avons à redire : « O Seigneur, je viens vers toi… Je te cherche mon Dieu… » Et sur cette longue route, Marie est toujours là. Elle nous redit inlassablement : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Elle nous renvoie à une mise pratique quotidienne des commandements de Jésus. Notre témoignage ne sera vraiment crédible que si nous mettons toute notre vie en conformité avec l’évangile du Christ. Avec lui et avec Marie, « l’ordinaire sortira de l’ordinaire. »

La sainte sans nom

Il y a eu autrefois une jeune fille qui était servante dans une ferme – on ne sait plus trop où… Cette jeune fille semblait d’ailleurs tellement insignifiante qu’on ne l’appelait jamais que par « o! », « eh, toi ! » On avait complètement oublié son nom, et elle-même ne s’en souvenait plus.

Cependant, après sa mort, lorsque cette petite s’est retrouvée au paradis, quelle n’a pas été sa surprise en constatant qu’on la conduisait tout auprès des plus grands saints du ciel ! Oui, car aussi discrète et peu remarquable qu’ait été sa vie, la jeune fille avait vécu de manière telle qu’elle en était arrivée, sans s’en rendre compte – et peut-être même à cause de cela – au plus pur état de sainteté. Et si, comble d’innocence, elle en était surprise et gênée, les autres saints eux étaient très embarrassés. Tous savaient que, ne possédant aucun nom propre, cette nouvelle sainte ne pourrait jamais recevoir de prière particulière, des vœux qui lui soient précisément adressés !

Déjà, les saints les plus généreux lui proposaient de partager les leurs, tandis qu’elle refusait poliment, disant que jusqu’à présent, elle s’en était bien passée et qu’elle pourrait continuer… quand l’arrêt divin est tombé. Le Seigneur a prononcé :

– A la nouvelle sainte sans nom iront toutes les prières sans nom.

Et depuis ce jour, c’est cette petite, dont on ignore tout, qui recueille au ciel le plus de prière. Car c’est vers elle que montent tous les élans de nos cœurs, chaque fois que, sans même en prendre conscience, nous traverse une inclination vers le bien ou un désir confus de rendre le monde meilleur.

Chaque sourire, chaque larme, dit-on,
De nos plus pures émotions,
Est aussitôt recueilli et béni par la sainte sans nom

Extrait de Contes des sages juifs, chrétiens et musulmans
Jean-Jacques fdido, Seuil (p. 99 à 101)
Revue Prier de novembre 2010

Bonne année 2021

Le 1er janvier, nous nous retrouvons pour nous adresser des vœux de bonne année. C’est une tradition qui nous donne l’occasion de faire un pas les uns vers les autres et c’est très heureux. Cette nouvelle étape nous fait également réfléchir au temps qui passe, au temps perdu et au temps gagné. Une année de plus, c’est une nouvelle chance de réussir ce que nous n’avons pas pu réaliser hier.

En venant à l’église, nous voulons confier au Seigneur cette nouvelle année. Nous le prions pour tous ceux que nous aimons et pour ceux que nous n’aimons pas assez. Un jour, il nous a dit qu’il est venu allumer un feu sur la terre. Nous lui demandons qu’il nous donne de partager sa hâte de voir se répandre cet embrasement d’amour dont il veut remplir le monde. Tout naturellement, l’Église nous invite aujourd’hui à nous tourner vers Marie. Les évangiles nous en parlent très peu, mais ce qu’ils nous disent est très important. Rappelons-nous : Après l’Annonciation, elle va porter la bonne nouvelle dans la maison de Zacharie. Et elle peut constater l’accomplissement de ce que le Seigneur lui avait dit. Sa cousine Élisabeth en est à son sixième mois.

Avec l’Évangile de ce jour, c’est le même souci de partager la bonne nouvelle qui anime les bergers. Tout comme Marie, ils vont annoncer ce qui leur a été dit et ils peuvent constater que ce qui leur a été dit s’est réalisé. Dans la Bible, les récits d’une intervention du Seigneur se terminent souvent par des réactions de témoins. Ici c’est la même chose: Tous s’étonnent de ce que disent les témoins. L’événement est en effet extraordinaire : Dans cet enfant emmailloté, un Sauveur, Christ et Seigneur est né pour nous. A Pâques, ce sera le même étonnement quand les femmes puis les apôtres annonceront la résurrection du Seigneur Jésus. Pour Marie, pour les bergers et pour tous les témoins de ces merveilles de Dieu, c’est la joie et l’action de grâce.

Dans l’évangile de ce jour, il y a une parole importante : « Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. » Elle relit en pensée les pages de sa vie où Dieu lui a tracé un chemin qui l’a conduite jusque là. Tout cela est allé très vite pour elle. Mais sa méditation est une action de grâce pour toutes les merveilles que Dieu a réalisées tout au long de l’histoire biblique.

Dans un monde où tout va si vite, il nous est bon de prendre du recul pour méditer en notre cœur les événements de notre vie et de notre monde. Face aux épreuves de la vie, la pandémie, les catastrophes, les guerres, les conflits entre personnes, nous risquons de sombrer dans la morosité et le défaitisme. Or ce découragement, c’est tout le contraire de l’évangile. Je dirai même que c’est la pire des tentations car elle risque de nous détourner de Dieu et de notre mission.

Pour Marie, c’est tout le contraire. Comme tous les gens de son temps, elle aurait pu ne voir que ce qui allait mal dans son pays. En fait, les événements qu’elle retient et qu’elle médite, ce sont les merveilles de Dieu. Elle prend la mesure de la vocation de son enfant qui est le Fils de Dieu. Elle découvre ce que sera sa propre mission auprès de lui. Bien sûr, elle ne sait pas tout ; elle doit chercher et prier ; elle doit demander au Seigneur ce qu’il attend d’elle ; elle se sent toute petite mais elle reste confiante en Celui qui élève les humbles.

A la suite de Marie et avec elle, nous sommes invités à méditer les événements de notre vie. Nous avons la chance de pouvoir le faire à la lumière de l’évangile. Même quand tout va mal, n’oublions jamais que le Seigneur est toujours « là au cœur de nos vies » et que « rien ne peut nous séparer de son amour. » Notre foi au Christ ressuscité doit nous amener à changer notre regard sur nous-mêmes et sur les autres. Comme pour les disciples d’Emmaüs, ce changement ne sera possible que si nous prenons le temps de nous nourrir de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie.

Ce jour est un appel à nous ouvrir à l’avenir que Dieu nous donne. Commencer une nouvelle année, c’est se retrouver face à l’inconnu. Nous voudrions faire des prévisions mais elles sont fragiles et souvent démenties. L’avenir nous réserve toujours des surprises : Que sera cette nouvelle année pour nous ? Pour le monde ? Ces incertitudes ne doivent pas nous paralyser ni nous décourager. Les fatalistes voudraient nous faire croire que tout est écrit : Ce n’est pas vrai ; Dieu est amour et il ne veut pas le malheur des hommes. Cette année sera ce que Dieu voudra mais aussi ce que nous la ferons, dans la confiance et la sérénité. Rappelons-nous saint Paul : « Nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés. »

Ce premier janvier est aussi la journée mondiale de la paix. Nous pensons à tous ces pays si douloureusement marqués par la guerre et la violence mais aussi à tous les conflits familiaux et entre voisins. La vraie conversion suppose un changement de regard sur ceux et celles qui nous entourent. Pour que la paix sur la terre soit obtenue, il faut que les hommes communiquent entre eux et apprennent à se faire confiance.

Celui dont nous célébrons la naissance a été appelé « le Prince de la Paix. » Il a réconcilié tous les hommes avec Dieu par sa croix. Il a tué la haine une fois pour toutes. Et à la Pentecôte, il a envoyé son Esprit d’amour dans le cœur de tous les hommes. Comme Marie et avec elle, apprenons à méditer ces merveilles de Dieu en notre cœur. Laissons-nous conduire par le Christ. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. C’est avec lui que 2021 sera une BONNE ANNÉE.

Retrouver le vrai Noël

Nous nous préparons à fêter Noël. À cette occasion, nous devons nous rappeler que c’est d’abord une fête chrétienne. Malheureusement, pour beaucoup, elle est devenue une fête populaire déconnectée de tout fondement religieux.

Les premiers chrétiens ne fêtaient pas Noël. Cette fête n’a été instituée qu’au quatrième siècle. Elle a été diffusée par la christianisation progressive de l’Europe et du Bassin méditerranéen. La date du 25 décembre, qui a été choisie, correspond au solstice d’hiver (pour l’Hémisphère Nord). Les nuits commencent à raccourcir. C’est une manière de dire que la lumière est en train de l’emporter sur les ténèbres. C’est l’arrivée de Celui qui sera vainqueur de la mort et du péché.

Dans le monde païen, cette période donnait lieu à de grandes festivités : fête germanique de Yule, fête de Mithra, Saturnales Romaines… Les chrétiens ont choisi cette date pour fêter la naissance de Celui qui se présentera comme la « Lumière du monde ». Avec lui, c’est une ère nouvelle qui a commencé. Le cardinal Eyt disait que « nous ne sommes pas deux mille ans après Jésus Christ mais deux mille ans avec Jésus Christ. »

Au moment où Noël est en train de redevenir une fête païenne (« fête de fin d’année »), il nous est bon de revenir à la source. La pandémie a bousculé le côté commercial de cette fête. Pour beaucoup, c’est devenu dramatique ; certains ont dit : « Il faut sauver Noël » ; mais Noël n’a pas besoin d’être sauvé ; c’est lui qui vient nous sauver. Nous, chrétiens, nous ne devons pas oublier que Noël c’est d’abord Jésus qui est né dans des conditions misérables dans un abri pour animaux. Il continue à nous rejoindre dans nos pauvretés, notre péché.

Vivre Noël, ce n’est pas d’abord préparer de grandes festivités, c’est surtout accueillir Jésus qui veut naître en nous. C’est en lui que nous trouverons la vraie joie ; les illuminations de nos maisons et de nos rues ne sont qu’un petit symbole de Celui qui est la Lumière du monde et qui nous appelle tous à la sainteté. Une petite fille de 8 ans qui avait vu les vitraux de son église disait qu’un saint « c’est quelqu’un qui laisse passer la lumière ». Accueillons cette Lumière qui vient du Christ et communiquons-la à tous ceux et celles qui nous entourent.

Bon Noël à tous.

« En Avent ! »

Avec le premier dimanche de l’Avent, le 1er décembre, nous commençons une nouvelle année liturgique. Comme chacun le sait, l’année civile commence le 1er janvier et l’année scolaire en début septembre. Pour nous, chrétiens, le temps de l’Avent marque le début d’une nouvelle étape qui nous conduira jusqu’à Noël, Pâques, l’Ascension, la Pentecôte…

Certains se disent qu’il n’y aura pas de Noël cette année. Détrompez-vous : Noël sera bien là, mais il sera peut-être « plus silencieux, plus profond, plus semblable à celui dans lequel Jésus est né dans la solitude ». Il n’y aura peut-être pas beaucoup de lumières sur la terre. Mais le monde entier est invité à accueillir Celui qui est « la Lumière du monde ». Ce Jésus de la crèche est venu dans le monde pour « partager notre pauvreté, nos épreuves, nos pleurs, nos angoisses et notre orphelinat. Noël aura lieu parce que nous avons besoin d’une lumière divine au milieu de tant d’obscurité. »

Avec le premier dimanche, nous découvrons qu’il ne suffit pas de rêver à Noël et à la crèche. Les textes bibliques nous annoncent que le Christ reviendra. Ce sera la naissance d’un monde nouveau bien plus merveilleux que celui dans lequel nous vivons. Ce sera la victoire de l’Amour sur les forces du mal et de la haine. C’est de cette bonne nouvelle que nous avons à témoigner auprès de tous ceux qui ne le savent pas.

Ce temps de l’Avent nous invite à accueillir le Christ qui vient. Il nous rejoint dans ce monde tel qu’il est, dans cette société qui nous pousse à consommer toujours plus. L’important ce n’est pas de remplir nos caddies mais de remplir notre cœur de l’amour qui est en Dieu. Noël ne se prépare pas d’abord dans les magasins mais dans le silence et le recueillement.

Ce temps de l’Avent est là pour nous dire que le but de notre vie est en Dieu. C’est le moment de renouveler notre regard en veillant avec le Christ dans la prière. Le Seigneur que nous attendons est déjà là au cœur de nos vies. Il est présent en chacun de ceux et celles qui nous entourent, en particulier celui qui a faim, celui qui est rejeté.

J’ai le souvenir d’une émission télévisée très significative : C’était la veille de Noël : Un jeune couple originaire du Moyen Orient cherchait un hébergement dans les hôtels d’une grande ville de chez nous. La jeune femme était enceinte. Partout, c’était le même refus ; on ne pouvait pas les recevoir : « Vous comprenez, avec les fêtes, ce n’est pas possible… » Cela ne vous rappelle rien ?

Vivre Noël, c’est accueillir Jésus qui vient. Saurons-nous le reconnaître ?