« Mon Seigneur et mon Dieu »

Le 3 juillet, nous avons fêté saint Thomas. L’Évangile nous dit qu’il n’était pas avec ses amis lors de leur première rencontre avec Jésus. Quand ils lui en parlent, il refuse de croire : nous connaissons ses paroles : « si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas mes mains dans son côté, non, je n’y croirai pas.” Bien sûr, nous avons l’habitude de sourire de son incrédulité. Et ils sont nombreux aujourd’hui ceux et celles qui disent : “Je ne crois que ce que je vois… Comme je ne vois rien, je ne crois pas.” C’est implacable.

Mais il est important que nous lisions cet évangile jusqu’au bout. Nous voyons en effet Thomas se mettre à genoux devant Jésus. Il est allé plus loin que les autres dans son acte de foi. Les apôtres avaient reconnu en Jésus l’ami d’autrefois. Mais Thomas fait un pas de plus car il est le premier à dire “Mon Seigneur et mon Dieu”. Comme lui, nous sommes invités à croire en accueillant la présence de Jésus ressuscité et en recevant sa parole.

« Mon Seigneur et mon Dieu » : Voilà une parole que nous pouvons faire nôtre chaque fois que nous entrons dans une église, en particulier en cette période de vacances. Admirer les ouvres d’art et l’architecture c’est sans doute bien… à condition de ne pas oublier Celui à qui tout cela est destiné. Il est « Mon Seigneur et mon Dieu ».

Chaque dimanche, nous sommes invités à nous réunir à l’église pour entendre la Parole de Dieu et célébrer l’Eucharistie. Quand les textes bibliques y sont proclamés, c’est lui qui nous parle. Ses paroles sont celles « de la Vie éternelle ». Reprendre l’acte de foi de Thomas peut nous aider à bien les accueillir. Cet acte de foi, nous le faisons nôtre tout au long de la célébration Eucharistique.

À la fin de la messe, nous sommes envoyés en mission vers tous ceux et celles que nous rencontrerons. Beaucoup ne pensent plus à Jésus Christ ; ils ont organisé leur vie en dehors de lui. Et pourtant, il est là bien présent ; il nous précède dans le cœur de ceux et celles que nous croisons sur notre route. Cela doit changer notre regard sur eux, y compris sur notre pire ennemi, celui qui nous a fait beaucoup de mal. Quand nous les croisons, nous ne devons pas oublier cette présence de Dieu. Il est là au cœur de nos vies et de nos rencontres.

Merci Thomas pour ton très bel acte de foi. Puisse-t-il être le nôtre en toutes circonstances et tout au long de nos vies. Heureux sommes-nous si nous croyons sans voir. C’est à cette condition que nous deviendrons témoins de sa miséricorde.

Ils n’ont plus de vin

Nous venons de vivre le mois de Marie. Le pape François nous a invités à un marathon de prière pour la fin de la pandémie qui a fait de nombreuses victimes dans le monde entier ; oui, bien sûr, mais il y a une autre pandémie qui fait de nombreux ravages : C’est celle de la guerre dans de nombreux pays, celle de la violence, de la rancune, des incompréhensions de toutes sortes.

Dans notre vie relationnelle, c’est souvent compliqué. Nous constatons que beaucoup de personnes font le vide autour d’elles parce qu’elles ne savent pas écouter. Quand on leur parle, elles n’écoutent pas car elles ont quelque chose de plus important à dire. Elles oublient que « si nous avons une bouche et deux oreilles, c’est pour écouter deux fois plus qu’on ne parle ».

Ce manque d’amour dans le monde et dans notre vie nous renvoie à un autre que nous trouvons dans l’Évangile des noces de Cana. Jésus était là avec ses disciples. Or voilà qu’au beau milieu du repas, il n’y a plus de vin. C’est quelque chose de déshonorant pour la famille des mariés. Marie s’en aperçoit et elle le dit à Jésus. Ils n’ont plus de vin. La fête va être ratée. Et nous connaissons la suite… Marie va trouver les servants et leur dit : « Faites tout ce qu’il vous dira… Puis le signe de l’eau changée en vin. Ces jeunes mariés avaient eu vraiment une très bonne idée d’inviter Marie et Jésus à leur mariage.

Marie a toujours la même attitude aujourd’hui : Elle voit tous ces gens qui souffrent, ceux qui n’ont plus d’amour, ceux qui n’ont plus d’espérance, ceux qui n’ont plus d’argent et plus de pain. Et elle nous renvoie à Jésus. Comme à Cana, elle nous dit : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Cela veut dire : Prenez le temps d’écouter Jésus. Il ne vous parlera pas comme une personne qui est en face de vous. Mais sa parole, vous la trouvez en lisant l’évangile. Quand nous sommes réunis pour écouter cette bonne nouvelle, c’est Jésus qui nous parle. Et nous sommes invités à l’écouter et à faire ce qu’il nous dit.

Et Jésus leur dit et nous dit : « Puisez… remplissez… Puisez à la source… Ressourcez-vous… Remplissez-vous de l’amour de Dieu à l’église le dimanche, à la maison et partout où vous êtes. C’est auprès de lui que vous trouverez la vraie joie. Cette eau qu’il nous faut puiser c’est celle de la vie qui est en Dieu, c’est celle de son amour ; c’est l’eau vive que Jésus proposait à la Samaritaine. Le Seigneur ne cesse de vouloir nous combler de cette vie qui est en lui. Il suffit de puiser à la source et il fait tout le reste. Les 600 litres de vin c’est bien plus qu’il n’en fallait pour une noce. Il y avait de quoi saouler tout un village. C’est une manière de nous annoncer l’amour fou d’un Dieu qui se donne en surabondance.

Ce vin servi en abondance est le signe de la nouveauté et de la puissance de l’Évangile. À Cana, Jésus a remplacé l’eau par du vin. Mais n’oublions pas qu’il veut changer notre vie fade comme de l’eau en une vie bonne et savoureuse comme un grand cru. Un jour, ce sera la grande surprise. Nous pensions qu’il aurait servi le bon vin en premier. Encore une fois, une dernière fois, nous découvrirons que Jésus aura gardé le meilleur pour après et pour les siècles des siècles. Amen

Mois de Marie

Comme vous le savez, ce mois de mai est dédié à Marie. Ils sont nombreux ceux et celles qui ont l’habitude de se rassembler dans les divers lieux de pèlerinage à Lourdes, La Salette, Fatima et ailleurs. Les uns et les autres choisissent de se tourner vers Marie pour implorer sa protection. Malheureusement, pendant de longs mois, ces rassemblements ont été compromis par la pandémie.

Cette année, le pape François nous a invités à un « marathon de prière ». Une chaîne de prière reliant trente sanctuaires à travers le monde pour invoquer la fin de la pandémie et la reprise des activités économiques et sociales se déroule tout au long de ce mois. Unis par la prière du Rosaire, chaque jour du mois sera consacré à une intention dédiée aux personnes les plus affectées par la pandémie.

Bien sûr, Marie ne tient pas le rôle de Dieu. Nous ne la prions pas comme une sorte de déesse. Son message, à Lourdes et ailleurs, nous renvoie au Christ. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. C’est par lui que nous passons pour aller vers le Père. Elle nous rappelle l’importance de la prière, de la conversion et de la pénitence. Elle-même nous a donné, tout au long de sa vie terrestre, le témoignage de sa foi et de son entière disponibilité aux appels de Dieu.

Marie avait été invitée à un mariage. Jésus était là avec les disciples, c’est à dire les douze qui le suivaient. Or voilà qu’au beau milieu du repas, il n’y a plus de vin. C’est quelque chose de déshonorant pour la famille des mariés. Marie s’en aperçoit et elle le dit à Jésus. Ils n’ont plus de vin. La fête va être ratée. Et nous connaissons la suite… « Faites tout ce qu’il vous dira… » Puis le signe de l’eau changée en vin. Ces jeunes mariés avaient eu vraiment une très bonne idée d’inviter Marie et Jésus à leur mariage.

Marie a toujours la même attitude aujourd’hui : Elle voit tous ces gens qui souffrent, ceux qui se font la guerre, ceux qui n’ont plus d’espérance, ceux qui n’ont plus d’argent et plus de pain et surtout ceux qui n’ont plus d’amour. Comme à Cana, elle nous renvoie à Jésus ; elle nous dit : »Faites tout ce qu’il vous dira. » Ça veut dire : Prenez le temps d’écouter Jésus. Il ne vous parlera pas comme une personne qui est en face de vous. Mais sa parole, nous la trouvons en lisant l’Évangile. Quand nous sommes réunis pour écouter cette bonne nouvelle, c’est Jésus qui nous parle. Et nous sommes invités à faire ce qu’il nous dit.

Aujourd’hui comme autrefois, Jésus nous redit inlassablement : « Puisez… remplissez… Puisez à la Source… Ressourcez-vous… Remplissez-vous de l’amour de Dieu à l’église le dimanche, à la maison et partout où vous êtes. C’est auprès de lui que vous trouverez la vraie joie. Le signe le plus important, ce n’est pas l’eau changée en vin. Ce que Jésus veut transformer, c’est nous. Ensemble, nous devenons le Corps du Christ. Nous le savons bien, quand nous vivons dans l’égoïsme, nous augmentons la dose de poison et de haine dans le monde.

Bien sûr, si nous nous mettons à l’écoute de la parole de Dieu, si nous faisons ce qu’il nous dit, si nous puisons à la source, cela ne résoudra pas tous nos problèmes, mais nous augmenterons la dose d’amour dans le monde. Finalement, le signe de Cana, c’est chaque jour qu’il peut se réaliser. Mais pour cela, il nous faut écouter Jésus et faire ce qu’il nous dit. Marie est là pour nous le rappeler.

 

Rosaire sur Radio Salve Regina

Il existe aussi une application « chapelet de Lourdes » qui peut être installée sur les smartphones et les tablettes.

 

Christ est ressuscité

Trois jours après sa mort, le Fils de Dieu ressuscitait. Et le désespoir était à jamais chassé du monde. Marie Madeleine fut la première personne à voir le Ressuscité. Elle s’attendait si peu à le retrouver, elle qui l’aimait tant et l’avait tant pleuré, qu’elle ne l’avait pas reconnu d’emblée. Sur le chemin d’Emmaüs, ses disciples non plus ne l’ont pas reconnu d’emblée…. Quant à Thomas, il avait besoin de certitudes. Il lui fallait toucher les cicatrices des clous sur les mains. Et Jésus s’est laissé faire ; Thomas, à genoux, a reconnu « Mon Seigneur et mon Dieu.

 

Nous aussi nous rencontrons le Ressuscité mais nous ne le savons pas. Il est dans le cœur des hommes. Il se tient aussi derrière l’Hostie. Nous pouvons le contempler et l’avoir en nous. Quand nous rencontrons ceux qui vivent pour lui et qui agissent en Son Nom, il est encore là. Quand l’amour domine en nous, autour de nous et dans le monde, quand l’amour est vainqueur du mal, il n’est pas loin.

Le problème n’est pas son existence mais la difficulté à le reconnaître. Combien de fois sommes-nous restés dans le tombeau de notre chagrin, de notre dépression, de notre mal être ?… Un jour, tu es sorti de ton tombeau, prêt à affronter la réalité avec le feu de l’amour en toi. Tu étais tué par le péché, le tien ou celui d’un autre. Puis il y a eu cette voix : « Sors ! » L’Esprit Saint fait de nous des hommes neufs. Il nous fait devenir immortels car l’amour est plus fort que la peur. Nous avons connu la résurrection dès cette terre, car si le Père l’a voulue pour son Fils, Il la veut aussi pour ses autres enfants.

Changer notre regard

Quand nous lisons les évangiles, nous découvrons que Jésus invite régulièrement ses interlocuteurs à changer leur regard sur les autres, en particulier sur les petits, les malades, les pécheurs. Trop souvent nous avons un regard qui juge, qui dénonce et qui ne laisse aucune chance à l’autre.

Rappelons-nous la Bible et le premier regard qu’elle nous donne à voir. Dieu se réjouit de tout ce qu’il est en train de faire : « Dieu vit que la lumière était bonne… Dieu vit tout ce qu’il avait fait : Cela était très bon. »

Nous aussi, nous pourrions apprendre à regarder comme Dieu et à nous émerveiller de tout ce qui se fait et de ce que nous faisons. Bien sûr le mal est toujours là, nous ne pouvons pas ne pas le voir. Mais l’évangile voudrait nous apprendre à éduquer notre regard à la bonté pour entrer dans la manière de voir de Dieu.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, regarder n’est pas synonyme d’inaction. Dieu ne cesse d’agir à cause de ce qu’il voit. Il a vu la misère de son peuple et il appelle Moïse pour le libérer. Jésus voit Simon et André et il les appelle à le suivre. Il voit la foule et il est saisi de pitié. Pour elle, il multiplie les pains et les poissons. En chaque personne, il ne voit pas d’abord son péché mais la sainteté à laquelle elle est appelée.

Comment ne pas penser à Marie aux noces de Cana. Elle a vu qu’ils manquaient de vin et elle a dit à Jésus. Marie n’a pas changé. Elle voit tous nos besoins et elle intercède pour nous auprès de Dieu. Et si nous portions dans notre prière tout ce que nous voyons autour de nous… Notre regard en serait sûrement changé.

Chapitre 11

Entrée de Jésus à Jérusalem (10, 1-11)
« Hosanna ! » C’est un des rares mots de la langue de Jésus que notre liturgie latine conserve. En chantant Hosanna, au cœur de la prière eucharistique, nous reprenons l’acclamation de la foule qui chantait ainsi lorsque Jésus descendit, juché sur un âne, le mont des Oliviers.
Cette acclamation vient directement du psaume 117 par lequel le peuple de Dieu accueille et demande que soit béni un chef militaire de retour au Temple après une victoire.
Ce mot hébreu est justement traduit par la traduction liturgique : Donne, Seigneur, donne le salut ! Ce cri liturgique est donc, tout à la fois, une louange et une supplication. L’histoire du peuple de l’Alliance permet de savoir que notre Dieu est le Dieu qui nous sauve ; et nous l’acclamons pour cela. Mais pour cette même raison, nous lui demandons, nous le supplions, qu’il déploie encore sa puissance, aujourd’hui et demain.
Cet Évangile est lu le dimanche des rameaux. L’essentiel, c’est la marche avec le Christ, à qui nous disons notre foi par cette antique acclamation, qui est un mot hébreu, Hosanna, et qui signifie : « Dieu, donne le salut, donne la victoire ! » Cette acclamation, nous la connaissons bien, puisqu’elle fait partie du chant « Saint, saint, saint est le Seigneur ».
Par cet évangile, Jésus entraîne notre assemblée avec lui ; notre marche vers l’église (ou vers l’autel) représente la longue marche du peuple de Dieu, entraînant l’humanité, dans le souffle de l’Esprit Saint, pour construire la Jérusalem nouvelle.

Pourquoi le mal ?

Mais si Dieu existe, pourquoi le mal ?
– Si Dieu existe, pourquoi les guerres, le massacre des innocents, le mal dans le monde ?
– Parce que Dieu est prisonnier, on l’a ligoté.
– Prisonnier de quoi, de qui ?
– De nos égoïsmes, de notre orgueil, de notre soif d’avoir et de pouvoir sur les autres, alors qu’il est une puissance d’amour impressionnante en chacun de nous. Si on le délie, on se sent bien et le monde va mieux.
– Alors, comment le délier?
– Intéressez-vous à lui, rendez-lui sa liberté, laissez-le agir en vous, puis allez délier tous ceux qui souffrent du mal et de l’injustice des hommes. Ecoutez ce que Jésus dit dans l’Evangile en parlant de lui : « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, en prison et vous êtes venu à moi… En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Matthieu 25. 35-40). Dieu n’est pas dans les nuages, il est là tout près de vous
– Ouais, mais nous, on n’est pas des saints pour faire tout ça !
– Ah bon ? visiter un malade, être sensible à un camarade qui souffre ou qui a été exclu de votre groupe, aider un plus faible, se réconcilier… Est-ce vraiment au-delà de vos forces ?
– C’est vrai qu’on exclut facilement… En tous les cas, elle est vraiment classe cette parole de l’Evangile !
– C’est bien là que Dieu se trouve !
Du livre « Ado mais pas idiot » (Joël Pralong) – Edb

 

Père Matthieu Dauchez. Sa réponse au scandale du Mal qu’il côtoie chaque jour aux Philippines

Victoire, tu règneras…

Victoire, tu règneras…

Le Vendredi Saint, nous nous sommes réunis autour de la croix. Cette croix que nous rencontrons à la croisée des chemins ne nous dit peut-être plus rien tellement nous avons pris l’habitude de la voir. Nous pensons aussi à celle qui pend sur le mur de notre cuisine ou de notre chambre. Pour d’autres encore, c’est celle en or ou en argent que l’on porte comme un objet de valeur.

Puis il y a aussi la croix qui ne se matérialise pas et qui marque parfois douloureusement notre existence quand elle s’appelle longue maladie, souffrance physique ou morale, surtout en cette période de pandémie. Beaucoup sont submergés par l’inquiétude et perdent confiance en eux-mêmes. Ils se croient abandonnés de Dieu. Les angoisses de la nuit sont encore plus douloureuses.

Mais tout l’évangile nous dit que Jésus a voulu être avec nous dans nos souffrances et notre mort pour que nous soyons avec lui dans sa Vie. Un jour, il a dit : « Prenez sur vous mon joug… » Le joug c’est ce qui permettait à une paire de bœufs de tirer des fardeaux très lourds. Cela n’était possible que s’ils étaient reliés l’un à l’autre. Si Jésus nous propose de prendre son joug, c’est parce qu’il veut porter notre fardeau avec nous. Pour cela, il nous demande d’être reliés à lui. C’est cela le joug qu’il nous demande de prendre sur nous.

Le Vendredi Saint, nous nous sommes tournés vers la croix du Christ. En lisant le récit de la Passion, nous avons évoqué la première de toutes les croix, celle que le Seigneur a portée sur ses épaules, celle où il a été cloué, celle où il a prié le Père pour chacun de nous, celle où il a fini par mourir en se donnant pour tous et chacun.

Or voilà qu’au matin de Pâques, une joyeuse nouvelle retentit dans le monde ; elle sera proclamée par l’apôtre Pierre au jour de la Pentecôte : « Celui que vous avez crucifié, Dieu l’a ressuscité d’entre les morts. » Plus tard, saint Paul dira : « Il vit par la puissance de Dieu. » Ils diront aussi qu’ils ont vécu des expériences mystérieuses avec lui : Ce sont les récits des apparitions : « Nous l’avons vu… Nous avons mangé et bu avec lui. Les uns et les autres emploient des mots différents ; mais ils partent tous de la même conviction : « Jésus est vivant. »

Depuis que Jésus est ressuscité, des multitudes d’hommes vont vivre et mourir en suivant le Christ, dans l’espérance d’être déjà ressuscités avec lui. La mort reste une épreuve terrible pour nous comme elle l’a été pour Jésus. Mais elle n’a pas le dernier mot ; elle est devenue un « passage » à cause de Jésus qui est le « passeur d’hommes ». C’est par lui que nous passons pour aller au Père et rien ne peut nous séparer de son amour.

Nous aussi, nous pouvons être porteurs de vie. Nous sommes tous envoyés auprès de ceux qui luttent contre la souffrance et le désespoir pour leur redonner le goût de vivre. Notre attention, notre amitié ne doit pas oublier ceux et celles que la vie écrase. Un accueil, un pardon donné, une main tendue pour remettre debout, peuvent opérer un miracle de «renaissance. » Et, à travers tout cela, une parole qui témoigne de notre foi, est une invitation à rencontrer le Christ ressuscité. Oui, vivons comme des ressuscités. L’Eucharistie que nous célébrons chaque dimanche nous y invite.

Les Rameaux, la Passion et l’Amour

Au début de la Semaine Sainte, l’Évangile nous rappelle l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Il sait que la conséquence de son amour pour les hommes sera la mise à mort. Cette Semaine ne doit pas être vécue uniquement dans la mémoire des épreuves et des souffrances. Elle est surtout celle de l’amour.

Dans ses derniers jours, Jésus nous prouve continuellement son amour pour nous :
• Le dernier repas où il se donne sous une forme qu’il nous a donné de pouvoir renouveler
• Le lavement des pieds, où il se fait serviteur.
• La nuit au jardin des Oliviers, où il accepte le pire pour nous pardonner et nous donner la Vie éternelle
• Son regard plein d’amour, avec lequel il pardonne à Pierre puis au bon larron

Oui, tout est amour, service, don de soi et pardon ; sa croix est le sommet de l’amour qui donne sa vie pour ceux qu’il aime

Entrons dans cette Semaine Sainte en contemplant l’amour de Jésus.
Source : Carême à domicile (2021)

Dieu « pardonneur »

Au jour de notre baptême, nous avons été plongés dans cet océan d’amour qui est en Dieu Père Fils et Saint Esprit. le nouveau baptisé découvre qu’il es l’enfant bien-aimé du Père. Dieu n’en finit pas de nous donner son amour. Entre Dieu et nous, c’est une histoire d’amour qui ne finira pas. Pour lui, nous sommes uniques. il tient à chacun de nous comme à son bien le plus précieux. Être baptisé, c’est accepter d’être aimé par Dieu Père, sauvé par Jésus Christ et animé par l’Esprit de Vie et de joie. Être baptisé c’est répondre oui à l’amour dont Dieu nous aime.

Malheureusement, il nous arrive de nous détourner de ce Dieu Amour. Nous choisissons la pacotille plutôt que le seul vrai trésor. Mais notre Dieu ne se résigne pas à nos « ruptures d’alliance ». Il ne cesse « de nous appeler à une vie plus belle ». Il nous offre de revenir vers lui. Même si nous avons gravement péché son amour nous est sans cesse offert.

Notre Dieu est le « pardonneur ». Voilà un mot que nous pouvons chercher dans nos dictionnaires ; nous ne le trouverons pas. « C’est vraiment un manque impardonnable. » Mais notre Dieu est plus grand que nos mots humains. On peut donc inventer un mot qui ne serve qu’à lui . Il est « le » pardonneur. Pour s’en rendre compte, il suffit de lire la Bible. Chaque fois qu’ils se sont détournés de lui et ont défiguré son alliance, il leur a offert une vie renouvelée.

Le Sacrement du pardon : Ce sacrement ne va pas effacer les actes que nous avons commis. Il est destiné à « enlever » les chaines qui nous emprisonnent, enlever le fardeau qui nous accable. Notre Dieu est un Dieu libérateur.

Pourquoi s’adresser à un prêtre ? Ce serait tellement plus facile de s’adresser directement à Dieu. En fait, c’est le Christ qui a envoyé ses apôtres avec une mission bien précise : « Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez… » Le prêtre auquel on s’adresse représente la communauté des chrétiens qui accueille. S’adresser à un prêtre, c’est se reconnaître membre de cette Église blessée par notre contre témoignage. Ce pardon que l’Église nous offre ne vient pas d’elle mais du Christ qui en est la Source. Quand nous recevons ce sacrement, c’est Jésus qui est là pour nous relever. Comme il l’a fait pour la femme de Samarie, il continue de nous proposer l’eau vive, celle de l’Amour qui est en Dieu. Il nous offre de puiser à cette Source intarissable.