Christ est ressuscité

Trois jours après sa mort, le Fils de Dieu ressuscitait. Et le désespoir était à jamais chassé du monde. Marie Madeleine fut la première personne à voir le Ressuscité. Elle s’attendait si peu à le retrouver, elle qui l’aimait tant et l’avait tant pleuré, qu’elle ne l’avait pas reconnu d’emblée. Sur le chemin d’Emmaüs, ses disciples non plus ne l’ont pas reconnu d’emblée…. Quant à Thomas, il avait besoin de certitudes. Il lui fallait toucher les cicatrices des clous sur les mains. Et Jésus s’est laissé faire ; Thomas, à genoux, a reconnu « Mon Seigneur et mon Dieu.

 

Nous aussi nous rencontrons le Ressuscité mais nous ne le savons pas. Il est dans le cœur des hommes. Il se tient aussi derrière l’Hostie. Nous pouvons le contempler et l’avoir en nous. Quand nous rencontrons ceux qui vivent pour lui et qui agissent en Son Nom, il est encore là. Quand l’amour domine en nous, autour de nous et dans le monde, quand l’amour est vainqueur du mal, il n’est pas loin.

Le problème n’est pas son existence mais la difficulté à le reconnaître. Combien de fois sommes-nous restés dans le tombeau de notre chagrin, de notre dépression, de notre mal être ?… Un jour, tu es sorti de ton tombeau, prêt à affronter la réalité avec le feu de l’amour en toi. Tu étais tué par le péché, le tien ou celui d’un autre. Puis il y a eu cette voix : « Sors ! » L’Esprit Saint fait de nous des hommes neufs. Il nous fait devenir immortels car l’amour est plus fort que la peur. Nous avons connu la résurrection dès cette terre, car si le Père l’a voulue pour son Fils, Il la veut aussi pour ses autres enfants.

Changer notre regard

Quand nous lisons les évangiles, nous découvrons que Jésus invite régulièrement ses interlocuteurs à changer leur regard sur les autres, en particulier sur les petits, les malades, les pécheurs. Trop souvent nous avons un regard qui juge, qui dénonce et qui ne laisse aucune chance à l’autre.

Rappelons-nous la Bible et le premier regard qu’elle nous donne à voir. Dieu se réjouit de tout ce qu’il est en train de faire : « Dieu vit que la lumière était bonne… Dieu vit tout ce qu’il avait fait : Cela était très bon. »

Nous aussi, nous pourrions apprendre à regarder comme Dieu et à nous émerveiller de tout ce qui se fait et de ce que nous faisons. Bien sûr le mal est toujours là, nous ne pouvons pas ne pas le voir. Mais l’évangile voudrait nous apprendre à éduquer notre regard à la bonté pour entrer dans la manière de voir de Dieu.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, regarder n’est pas synonyme d’inaction. Dieu ne cesse d’agir à cause de ce qu’il voit. Il a vu la misère de son peuple et il appelle Moïse pour le libérer. Jésus voit Simon et André et il les appelle à le suivre. Il voit la foule et il est saisi de pitié. Pour elle, il multiplie les pains et les poissons. En chaque personne, il ne voit pas d’abord son péché mais la sainteté à laquelle elle est appelée.

Comment ne pas penser à Marie aux noces de Cana. Elle a vu qu’ils manquaient de vin et elle a dit à Jésus. Marie n’a pas changé. Elle voit tous nos besoins et elle intercède pour nous auprès de Dieu. Et si nous portions dans notre prière tout ce que nous voyons autour de nous… Notre regard en serait sûrement changé.

Chapitre 11

Entrée de Jésus à Jérusalem (10, 1-11)
« Hosanna ! » C’est un des rares mots de la langue de Jésus que notre liturgie latine conserve. En chantant Hosanna, au cœur de la prière eucharistique, nous reprenons l’acclamation de la foule qui chantait ainsi lorsque Jésus descendit, juché sur un âne, le mont des Oliviers.
Cette acclamation vient directement du psaume 117 par lequel le peuple de Dieu accueille et demande que soit béni un chef militaire de retour au Temple après une victoire.
Ce mot hébreu est justement traduit par la traduction liturgique : Donne, Seigneur, donne le salut ! Ce cri liturgique est donc, tout à la fois, une louange et une supplication. L’histoire du peuple de l’Alliance permet de savoir que notre Dieu est le Dieu qui nous sauve ; et nous l’acclamons pour cela. Mais pour cette même raison, nous lui demandons, nous le supplions, qu’il déploie encore sa puissance, aujourd’hui et demain.
Cet Évangile est lu le dimanche des rameaux. L’essentiel, c’est la marche avec le Christ, à qui nous disons notre foi par cette antique acclamation, qui est un mot hébreu, Hosanna, et qui signifie : « Dieu, donne le salut, donne la victoire ! » Cette acclamation, nous la connaissons bien, puisqu’elle fait partie du chant « Saint, saint, saint est le Seigneur ».
Par cet évangile, Jésus entraîne notre assemblée avec lui ; notre marche vers l’église (ou vers l’autel) représente la longue marche du peuple de Dieu, entraînant l’humanité, dans le souffle de l’Esprit Saint, pour construire la Jérusalem nouvelle.

Pourquoi le mal ?

Mais si Dieu existe, pourquoi le mal ?
– Si Dieu existe, pourquoi les guerres, le massacre des innocents, le mal dans le monde ?
– Parce que Dieu est prisonnier, on l’a ligoté.
– Prisonnier de quoi, de qui ?
– De nos égoïsmes, de notre orgueil, de notre soif d’avoir et de pouvoir sur les autres, alors qu’il est une puissance d’amour impressionnante en chacun de nous. Si on le délie, on se sent bien et le monde va mieux.
– Alors, comment le délier?
– Intéressez-vous à lui, rendez-lui sa liberté, laissez-le agir en vous, puis allez délier tous ceux qui souffrent du mal et de l’injustice des hommes. Ecoutez ce que Jésus dit dans l’Evangile en parlant de lui : « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, en prison et vous êtes venu à moi… En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Matthieu 25. 35-40). Dieu n’est pas dans les nuages, il est là tout près de vous
– Ouais, mais nous, on n’est pas des saints pour faire tout ça !
– Ah bon ? visiter un malade, être sensible à un camarade qui souffre ou qui a été exclu de votre groupe, aider un plus faible, se réconcilier… Est-ce vraiment au-delà de vos forces ?
– C’est vrai qu’on exclut facilement… En tous les cas, elle est vraiment classe cette parole de l’Evangile !
– C’est bien là que Dieu se trouve !
Du livre « Ado mais pas idiot » (Joël Pralong) – Edb

 

Père Matthieu Dauchez. Sa réponse au scandale du Mal qu’il côtoie chaque jour aux Philippines

Victoire, tu règneras…

Victoire, tu règneras…

Le Vendredi Saint, nous nous sommes réunis autour de la croix. Cette croix que nous rencontrons à la croisée des chemins ne nous dit peut-être plus rien tellement nous avons pris l’habitude de la voir. Nous pensons aussi à celle qui pend sur le mur de notre cuisine ou de notre chambre. Pour d’autres encore, c’est celle en or ou en argent que l’on porte comme un objet de valeur.

Puis il y a aussi la croix qui ne se matérialise pas et qui marque parfois douloureusement notre existence quand elle s’appelle longue maladie, souffrance physique ou morale, surtout en cette période de pandémie. Beaucoup sont submergés par l’inquiétude et perdent confiance en eux-mêmes. Ils se croient abandonnés de Dieu. Les angoisses de la nuit sont encore plus douloureuses.

Mais tout l’évangile nous dit que Jésus a voulu être avec nous dans nos souffrances et notre mort pour que nous soyons avec lui dans sa Vie. Un jour, il a dit : « Prenez sur vous mon joug… » Le joug c’est ce qui permettait à une paire de bœufs de tirer des fardeaux très lourds. Cela n’était possible que s’ils étaient reliés l’un à l’autre. Si Jésus nous propose de prendre son joug, c’est parce qu’il veut porter notre fardeau avec nous. Pour cela, il nous demande d’être reliés à lui. C’est cela le joug qu’il nous demande de prendre sur nous.

Le Vendredi Saint, nous nous sommes tournés vers la croix du Christ. En lisant le récit de la Passion, nous avons évoqué la première de toutes les croix, celle que le Seigneur a portée sur ses épaules, celle où il a été cloué, celle où il a prié le Père pour chacun de nous, celle où il a fini par mourir en se donnant pour tous et chacun.

Or voilà qu’au matin de Pâques, une joyeuse nouvelle retentit dans le monde ; elle sera proclamée par l’apôtre Pierre au jour de la Pentecôte : « Celui que vous avez crucifié, Dieu l’a ressuscité d’entre les morts. » Plus tard, saint Paul dira : « Il vit par la puissance de Dieu. » Ils diront aussi qu’ils ont vécu des expériences mystérieuses avec lui : Ce sont les récits des apparitions : « Nous l’avons vu… Nous avons mangé et bu avec lui. Les uns et les autres emploient des mots différents ; mais ils partent tous de la même conviction : « Jésus est vivant. »

Depuis que Jésus est ressuscité, des multitudes d’hommes vont vivre et mourir en suivant le Christ, dans l’espérance d’être déjà ressuscités avec lui. La mort reste une épreuve terrible pour nous comme elle l’a été pour Jésus. Mais elle n’a pas le dernier mot ; elle est devenue un « passage » à cause de Jésus qui est le « passeur d’hommes ». C’est par lui que nous passons pour aller au Père et rien ne peut nous séparer de son amour.

Nous aussi, nous pouvons être porteurs de vie. Nous sommes tous envoyés auprès de ceux qui luttent contre la souffrance et le désespoir pour leur redonner le goût de vivre. Notre attention, notre amitié ne doit pas oublier ceux et celles que la vie écrase. Un accueil, un pardon donné, une main tendue pour remettre debout, peuvent opérer un miracle de «renaissance. » Et, à travers tout cela, une parole qui témoigne de notre foi, est une invitation à rencontrer le Christ ressuscité. Oui, vivons comme des ressuscités. L’Eucharistie que nous célébrons chaque dimanche nous y invite.