Changer notre regard

Quand nous lisons les Évangiles, nous découvrons Jésus qui accueille les pécheurs et tous les infréquentables. Il va jusqu’à prendre ses repas avec eux. Tous les publicains et les gens de mauvaise vie s’approchent de lui pour l’entendre. Il n’hésite pas à établir une relation profonde et amicale avec les pêcheurs en mangeant chez eux ou avec eux. En chacun, il ne voit pas d’abord le péché mais la sainteté à laquelle il est appelé. Son regard nous dit tout l’amour qu’il porte sur eux.

Qu’en est-il du regard que nous portons sur les autres ? Les réseaux (pas très) sociaux font souvent état d’accusations et de dénonciations méprisantes. On oublie seulement une chose : La mesure dont nous nous servons pour les autres servira aussi pour nous. Qui sommes-nous pour juger et condamner ?

Il est vrai que nous sommes témoins de situations lamentables : Toutes ces violences, ces injustices, ces scandales… cela n’est pas acceptable. Le mal doit être combattu. Mais quand nous lisons les Évangiles, nous découvrons que Jésus a dénoncé le péché mais il n’a pas rejeté les pécheurs ; il les a accueillis. Lui-même nous dit qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus.

Aux noces de Cana, on n’avait pas prévu assez de vin. Ce vin qui manque en évoque d’autres, bien plus graves. Marie voit tout cela, et elle le dit à Jésus : « Ils n’ont plus d’amour ; ils n’ont plus de joie ; ils n’ont plus de paix ; tous ces gens victimes de la haine, de la violence et de l’indifférence, ce n’est plus possible. Ils sont nombreux ceux et celles qui vivent des situations douloureuses.

Aujourd’hui comme autrefois, elle continue à nous dire : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Nous devons alors réentendre la recommandation de Jésus : « Puisez… » Puisez à la Source de l’amour qui est en Dieu et servez… L’Évangile nous parle de six jarres d’environ cent litres chacune. C’est que Dieu voit grand ; il ne compte pas. Cette abondance de vin signifie la profusion de grâce. Ces noces célèbrent l’alliance de Dieu avec les hommes. C’est une joie généreuse, débordante et inépuisable. C’est cela l’amour de Dieu.