« En Avent ! »

Avec le premier dimanche de l’Avent, le 1er décembre, nous commençons une nouvelle année liturgique. Comme chacun le sait, l’année civile commence le 1er janvier et l’année scolaire en début septembre. Pour nous, chrétiens, le temps de l’Avent marque le début d’une nouvelle étape qui nous conduira jusqu’à Noël, Pâques, l’Ascension, la Pentecôte…

Certains se disent qu’il n’y aura pas de Noël cette année. Détrompez-vous : Noël sera bien là, mais il sera peut-être « plus silencieux, plus profond, plus semblable à celui dans lequel Jésus est né dans la solitude ». Il n’y aura peut-être pas beaucoup de lumières sur la terre. Mais le monde entier est invité à accueillir Celui qui est « la Lumière du monde ». Ce Jésus de la crèche est venu dans le monde pour « partager notre pauvreté, nos épreuves, nos pleurs, nos angoisses et notre orphelinat. Noël aura lieu parce que nous avons besoin d’une lumière divine au milieu de tant d’obscurité. »

Avec le premier dimanche, nous découvrons qu’il ne suffit pas de rêver à Noël et à la crèche. Les textes bibliques nous annoncent que le Christ reviendra. Ce sera la naissance d’un monde nouveau bien plus merveilleux que celui dans lequel nous vivons. Ce sera la victoire de l’Amour sur les forces du mal et de la haine. C’est de cette bonne nouvelle que nous avons à témoigner auprès de tous ceux qui ne le savent pas.

Ce temps de l’Avent nous invite à accueillir le Christ qui vient. Il nous rejoint dans ce monde tel qu’il est, dans cette société qui nous pousse à consommer toujours plus. L’important ce n’est pas de remplir nos caddies mais de remplir notre cœur de l’amour qui est en Dieu. Noël ne se prépare pas d’abord dans les magasins mais dans le silence et le recueillement.

Ce temps de l’Avent est là pour nous dire que le but de notre vie est en Dieu. C’est le moment de renouveler notre regard en veillant avec le Christ dans la prière. Le Seigneur que nous attendons est déjà là au cœur de nos vies. Il est présent en chacun de ceux et celles qui nous entourent, en particulier celui qui a faim, celui qui est rejeté.

J’ai le souvenir d’une émission télévisée très significative : C’était la veille de Noël : Un jeune couple originaire du Moyen Orient cherchait un hébergement dans les hôtels d’une grande ville de chez nous. La jeune femme était enceinte. Partout, c’était le même refus ; on ne pouvait pas les recevoir : « Vous comprenez, avec les fêtes, ce n’est pas possible… » Cela ne vous rappelle rien ?

Vivre Noël, c’est accueillir Jésus qui vient. Saurons-nous le reconnaître ?

Face au confinement

Depuis le début du mois de novembre, nous voici revenus en période de confinement. Chez nous comme dans de nombreux autres pays, il fallait faire face à une pandémie plus virulente que la première. Le constat est sans appel : malades de plus en plus nombreux, hôpitaux surchargés, personnel soignant épuisé et surtout de nombreux décès. Face à cette recrudescence, les pouvoirs publics ont sifflé la fin de la récréation estivale. Il fallait tout faire pour se protéger et protéger les autres.

 

En conséquence, il est devenu impératif de respecter les « gestes barrière ». Il y a beaucoup de choses que nous ne pouvons plus faire : fini les sorties théâtre ou cinéma, les dîners ou apéros entre amis, les achats de produits non essentiels… Nous chrétiens, nous ne pouvons plus nous rassembler à l’église pour célébrer l’Eucharistie. Beaucoup ont du mal à le supporter. Mais je lisais dans une revue : « le chrétien est-il né au monde pour râler ou pour glorifier ? Pour se joindre à la cohorte des boudeurs ou à celle des saints ? » La réponse nous appartient.

Cette habitude de toujours râler, c’est très mauvais, ça donne « des aigreurs d’estomac ». Une alternative est possible : si nous le voulons bien, cette période peut devenir un temps de retraite. Le confinement nous oblige à nous retirer loin des bruits et de l’agitation de ce monde. Pour nous chrétiens, c’est très important : ce contact régulier avec le Seigneur nous aidera à raviver « notre flamme intérieure ».

De nombreux moyens nous sont proposés pour nourrir notre vie spirituelle : messes diffusées à la télévision, sur KTO, sur les sites Internet des diocèses et de nombreuses paroisses… Beaucoup savent faire preuve d’ingéniosité grâce aux nouvelles technologies : réunions en visio-conférence, sites Internet… etc. C’est une chance dont il faut profiter.

Un dernier point : nos rencontres physiques sont limitées, mais cela ne nous empêche pas d’être attentifs aux autres, en particulier aux personnes seules. Pendant le premier confinement, beaucoup leur ont téléphoné. Certains ce sont proposés pour leur faire les courses. Nous apprécions ces gestes de solidarité à leur juste valeur. Nous chrétiens; nous croyons qu’à travers les autres, c’est le Seigneur que nous servons. C’est à notre amour que nous serons jugés. C’est lui que fait la valeur de toute vie.

Père Jean Compazieu

 

Prions pour les défunts

Le mois de novembre est traditionnellement consacré à la prière pour les défunts. Ils font partie de notre vie, de notre histoire. Leur départ a été pour nous une séparation douloureuse. Pour d’autres cela s’est passé d’une manière plus paisible. C’est ce qui arrive quand on sait qu’un défunt a vécu toute sa vie pour cette rencontre avec le Seigneur.

Prier pour les défunts, c’est raviver notre espérance face à la réalité mystérieuse de la mort. Nous nous rappelons que la résurrection de Jésus nous ouvre un chemin. Avec lui nous sommes sûrs de triompher de la mort et du péché, dès maintenant et pour l’éternité. Cette prière nous invite également à réfléchir sur notre vie et à voir ce qui en fait la valeur. La seule chose qui en restera c’est notre amour pour Dieu et pour tous nos frères. Tout ce que nous aurons fait au plus petit d’entre les siens c’est à lui que nous l’aurons fait. « Dis-moi quel est ton amour et je te dirai qui tu es. » (Jean Paul II)

Un jour, Jésus a dit : « Je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. » Ce message nous rejoint dans notre désir de vivre. Nous le voyons bien, notre société se protège de plus en plus en prenant des assurances tous risques. Elle cherche à prolonger le plus longtemps possible la jeunesse ; elle lutte tant qu’elle peut contre les maladies. Pensons aussi à tous ceux et celles qui fantasment sur la réincarnation. Cette croyance ne fait pas partie de la foi des chrétiens. Tout le message de l’évangile est construit sur la résurrection de Jésus. Sans Jésus ressuscité, notre foi serait vaine. C’est son chemin que nous sommes invités à emprunter.

Il y a un mot qui pourrait résumer le message de cet évangile : C’est le mot « Passage. » L’évangile nous rappelle que toute notre vie nous prépare à passer de ce monde au Père. Mais nous nous rappelons aussi qu’au jour de notre baptême, nous avons été plongés dans l’amour de Dieu qui est Père, Fils et Saint Esprit, Dieu qui est amour. Désormais rien ne peut plus être comme avant. Nous avons sans cesse à passer d’une vie sans Dieu à une vie remplie de son amour.

Cette découverte, nous la faisons à travers le cheminement de Marthe. Elle vient de dire : « Je sais qu’il ressuscitera à la fin des temps. » Mais Jésus l’invite à faire un pas de plus : « Je suis la résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. » Croire à la résurrection à la fin des temps, c’est déjà pas mal. Mais avec l’évangile de ce jour, nous sommes invités à aller plus loin : la résurrection est en Jésus. À la suite de Marthe, nous sommes invités à faire confiance à sa parole.

La suite, nous la connaissons : « Enlevez la pierre… Lazare, viens dehors ! » Lazare est réellement mort. Jésus ne cache pas sa tristesse. Il pleure sur son ami comme nous le faisons pour l’un des nôtres qui vient de mourir. Mais il avait précisé que cette maladie était orientée vers la gloire de Dieu. Ce deuil va être l’occasion de la révéler. En même temps, nous voyons Marthe faire un passage important : Elle passe du « Je sais » au « Je crois. » Elle passe de la certitude théorique à la reconnaissance de celui qui est la résurrection.

Voilà cette bonne nouvelle qui remplit nos cœurs d’espérance : Celui qui croit en Jésus découvre avec émerveillement que la mort n’a pas le dernier mot. Désormais notre vie a un sens. Ce qui compte désormais c’est de suivre Jésus et de lui rester fidèles. Il nous assure que rien ne peut nous séparer de son amour : « Je suis avec vous tous les jours et jusqu’à la fin du monde. » Pour le moment, nous sommes en chemin avec des hauts et des bas. Mais le Seigneur est toujours là pour nous donner la force et le courage de tenir bon jusqu’au bout.

Notre foi en la résurrection est liée à notre foi au vrai Dieu qui est amour et vie. Il n’est pas le Dieu de la mort, mais celui de la vie. Son grand projet c’est de nous faire partager la plénitude de sa vie et de son amour. Pour le moment, nous sommes en apprentissage de notre vie de ressuscités. Nous sommes en train de ressusciter en nous laissant transformer par Jésus au plus profond de nous-mêmes. L’Eucharistie que nous célébrons chaque dimanche nous donne de participer à la vie totale qui s’achève dans la résurrection. Pour cette vie nouvelle, nous pouvons chanter la louange de Dieu.