Les mauvaises langues…

Chacun sait que la langue peut être la meilleure et la pire des choses. Il en est de même pour les réseaux qu’on appelle « sociaux » ; ils peuvent rapprocher des personnes qui ne se connaissaient pas. Des liens d’amitié se créent ; c’est très beau. Mais trop souvent, ils servent de défouloir pour déverser la rancœur : on accuse, on dénonce les coupables, on les enfonce. Tout cela ne fait que s’ajoute à la dose de poison qui pollue notre société. N’oublions pas que, dans le monde de la Bible, l’accusateur c’est Satan. Quand nous accusons les autres, nous entrons dans son jeu.

Pour en sortir, il est urgent de « puiser à la Source », la vraie. C’est au pied de la croix que nous la trouvons. Elle nous montre Jésus qui a livré son Corps et versé son sang pour nous et pour le monde entier, y compris pour nos pires ennemis. Il est venu « chercher et sauver ceux qui étaient perdus ». Chaque fois que nous les dénigrons, c’est contre lui que nous péchons.

Oui, bien sûr, il faut dénoncer le péché, le mal, la violence, les injustices ; mais le pécheur est une personne que Dieu veut sauver. C’est pour lui que Jésus a donné sa vie sur une croix. Il est le bon berger qui ne cesse de courir à la recherche de la brebis perdue. Dans l’Évangile, il nous donne son commandement : « Aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés » (autant que je vous ai aimés). Aimer c’est accueillir, c’est pardonner, c’est se donner, c’est suivre Jésus sur le chemin qu’il nous montre.

Pour répondre à cet appel du Seigneur, nous avons besoin de son aide. C’est vrai que nous nous sentons bien pauvres et bien limités. Mais grâce au contact régulier avec le Seigneur dans la prière, nous apprenons à nous ajuster à ce Dieu qui est amour. Nous apprenons à regarder le monde avec le regard de Celui qui a donné sa vie pour les pécheurs que nous sommes.

« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. »
(Prière attribuée à Saint François d’Assise)